
 
Chapitre 316 : 31 GMT
Cela faisait une semaine maintenant que Harm faisait des allers-retours incessants entre l’hôpital et la maison et pour le moment il était assis dans une chaise sur la terrasse, le regard perdu sur l’océan. Il faisait ça à chaque fois qu’il revenait de l’hôpital. Lorsque Harm y était retourné en compagnie de Mac après avoir fait une sieste de quelques heures, on leur avait annoncé que la jeune femme avait sombré dans le coma une demi-heure plus tôt. Ils étaient restés là plusieurs heures afin d’essayer d’obtenir plus d’informations sans grand résultat. Tout ce qu’on leur avait dit, c’est qu’il fallait attendre. Il ne servait à rien non plus de rester là, de plus ce n’était bon pour personne.
La mort dans l’âme, Harmon Rabb Jr se laissa convaincre de rentrer. Harm n’avait prononcé aucun mot durant tout le chemin du retour. Mac ne dit rien elle non plus, cela ne servait à rien. Elle le connaissait assez bien pour comprendre ce qui se passait dans sa tête : il se sentait responsable de ce que venaient de lui dire les médecins. Il aurait été présent, cela n’aurait rien changé et il le savait, mais il était comme ça. Il fallait toujours qu’il se sente responsable du malheur des autres, tout ce que Sarah Mackenzie pouvait faire c’était d’attendre patiemment qu’il finisse par parler et lui faire comprendre que si jamais il en avait besoin, elle était là.
Aujourd’hui les choses n’avaient pas évolué, Ocean McNamara était toujours dans le coma. Les médecins lui avaient répété une nouvelle fois que tout ce qu’il avait à faire pour le moment était d’attendre et de prier.
***
15 : 52 GMT
Hôpital de La Jolla
San Diego – Californie.
Une semaine plus tôt
Harm et Mac étaient retournés à l’hôpital comme convenu, ils avaient tous les deux meilleure mine car ils avaient enfin réussi à dormir un peu. Le capitaine Rabb avait enfin un léger sourire sur les lèvres. Mais celui-ci s’effaça bien vite lorsqu’ils se rendirent à l’accueil. Harm vit tout de suite le chirurgien Allison Jameson, qui avait pratiqué l’opération sur Ocean et comprit immédiatement que quelque chose était arrivé. Les traits du médecin étaient tirés.
Quelque chose s’était produit il en était certain, ses soupçons furent confirmés quelques minutes plus tard, Allison les avait emmenés dans une pièce particulière. Elle les fit s’asseoir avant de leur demander s’ils ne voulaient pas boire quelque chose. Harm acquiesça, une tasse de café noire n’était pas de refus. Mac prit la même chose et le docteur Jameson pensa que ce n’était pas une mauvaise idée, vu ce qu’elle avait à leur apprendre.
Elle décida de prendre la même chose elle aussi. Elle sortit donc quelques minutes avant de revenir avec trois gobelets de café fumant. Les déposant sur la table, elle prit une chaise et s’installa à la table face aux deux avocats militaires. Allison se frotta les mains visiblement mal à l’aise. « Seigneur donnez-moi la force de leur dire, de trouver les mots pour les rassurer. » C’était quelque chose de dur à faire, même si elle avait déjà dû le faire plusieurs fois tout au long de sa carrière. Elle avait l’impression que cette fois c’était plus difficile à faire. Allison ne savait pas vraiment pourquoi.
Cela venait peut-être du fait que sa patiente était si jolie et encore si jeune ou bien encore à cause du capitaine assis en face d’elle qui avait une telle tristesse, une telle peur dans le regard… Mac à qui l’expression du regard de son ami n’avait pas échappé non plus lui prit doucement la main espérant ainsi lui apporter un peu de soutien et de force, Sarah savait qu’il en avait besoin. Allison inspira profondément avant de se lancer car elle savait elle aussi à quel point l’attente était insoutenable.
— Voilà, Ocean est tombée dans le coma il y a trente minutes… un caillot de sang a dû se former pendant l’opération et il est à présent logé dans le lobe frontal droit du cerveau. Ce caillot explique son coma. Nous lui avons administré des anticoagulants pour fluidifier le sang et en soulager la pression. Nous espérons ainsi faire se résorber le caillot qui devrait ensuite disparaître ainsi de lui-même, mais normalement tout devrait bien se passer et elle ne gardera aucune séquelle. Le caillot n’est pas placé profondément, c’est la raison pour laquelle je peux vous assurer que Ocean s’en sortira. Elle est forte, elle nous l’a prouvé. Ayez confiance.
Harm remercia le ciel d’être assis sur une chaise car il se sentait vaciller, il ferma les yeux. Mac avait les larmes aux yeux non pas parce que son meilleur ami avait serré sa main un peu plus fort à mesure de l’annonce du médecin quoique… non Sarah avait les larmes aux yeux car elle avait de la peine pour la douleur que devait être en train de ressentir Harm en ce moment. Une immense douleur pour laquelle elle ne pouvait rien faire pour la stopper, mais également pour Ocean McNamara qu’elle ne connaissait qu’à travers ce que Harm lui avait raconté jusqu’à présent, mais qu’elle semblait connaître et qu’elle aimait déjà beaucoup. Tout ce qu’ils pouvaient faire c’est attendre que l’œdème se résorbe en espérant que celui-ci le fasse assez vite, parce qu’au plus longtemps il resterait là, au moins de chance Ocean avait de se rétablir complètement sans aucune séquelle.
Seigneur, je vous en prie, je vous en supplie ne me l’enlevez pas. Aidez-la à survivre… je ne sais pas si je pourrai continuer si elle aussi me quitte. Tous les gens que j’aime me quittent peu à peu emportés par la mort. Je sais qu’aujourd’hui ils sont près de vous et qu’ils vont bien, qu’ils sont en paix, mais moi je ne le suis pas car même si je sais qu’ils sont heureux, la douleur que je ressens dans mon cœur ne disparaît pas. Elle est toujours là jour après jour à me torturer, à me faire souffrir. Il y a des jours où je souhaiterais que vous m’emmeniez avec vous, mais d’un autre côté je sais que je dois rester ici car il y a encore plein de gens que je peux aider n’est-ce pas ? Je vous en prie aidez-moi à trouver la force pour continuer…
***
16 : 46 GMT
Terrasse de la maison des Burnett
La Jolla, San Diego – Californie
Mac était debout appuyée sur le rebord de la fenêtre ouverte qui menait sur la terrasse les bras croisés sur la poitrine elle l’observait – une chose qu’elle faisait beaucoup ces temps-ci…
Oh Harm, si seulement je pouvais t’aider. Si seulement tu me laissais t’aider… pourquoi te crois-tu obligé de tout supporter seul ? Ne vois-tu pas que je ne demande qu’à t’aider, te soulager. Je ne demande que ça. Tu ne devrais pas rester là à réfléchir comme ça, à t’en vouloir, tu te fais du mal et cela ne t’aidera ni toi ni Ocean. Si seulement… je sais… je ne vois qu’une seule chose à faire pour te dérider un peu et espérer que tu penses un peu à autre chose…
Mac avança vers lui, s’arrêta juste derrière sa chaise, hésita quelques secondes et l’entoura de ses bras joignant ses mains sur le dessus de la poitrine de Harm. Celui-ci fut un peu surpris, mais ne bougea pas. Il posa une main sur ses mains jointes et murmura un merci. Ils restèrent ainsi pendant de très longues minutes…
Harm aimait la sentir si près de lui et ces contacts « intimes » il les appréciait énormément, il en avait besoin. Harm avait besoin de la sentir proche de lui… Trish qui les observait depuis le salon sourit… Elle se réjouissait de voir que son fils avait une telle amie qui était là pour lui à chaque fois qu’il en avait besoin et peut-être réaliserait-il un jour qu’il y avait bien plus qu’une profonde amitié qui les liait l’un à l’autre.
***
16 : 54 GMT
Hôpital de La Jolla
San Diego – Californie.
Deux jours plus tard
Mac s’approcha de Harm, se pencha légèrement, il tourna la tête pour la regarder, leurs visages étaient vraiment très près l’un de l’autre. Elle lui sourit et il fit de même. Elle lui demanda gentiment si cela ne le dérangeait pas trop qu’elle aille marcher un peu dehors pour prendre l’air. Harm ni vit pas d’inconvenants. Mac lui sourit à nouveau avant de se diriger vers la sortie de l’hôpital.
L’air frais de l’extérieur lui fit du bien. Elle aussi avait besoin de penser à autre chose pendant quelques instants et puis c’était très dur pour elle de voir Harm dans cet état d’esprit sans rien pouvoir faire pour l’aider. Sarah marcha dans la rue sans but précis tout ce qui comptait pour elle, pour le moment, c’était d’essayer d’aider son meilleur ami à se sentir mieux. Elle déambula pendant quelques minutes dans les rues avant que son regard ne soit attiré par une affiche haute en couleur. L’affiche disait : « Troubles ? Fly them away in the clouds… »
Les yeux de Mac se mirent à briller et elle se sentit tout de suite beaucoup mieux. Cette simple affiche était la réponse à ses prières, voilà la meilleure manière d’aider Harm ! Mac eut soudain la certitude qu’il se sentirait mieux une fois dans les nuages ; il s’y était toujours senti mieux. D’ailleurs n’était-ce pas ce que disait le slogan de l’affiche ? Des ennuis ? Faites-les disparaître dans les nuages. Et ça c’est exactement ce qui se produirait une fois que son meilleur ami aurait la tête dans les nuages.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Mac lorsqu’elle retourna à l’hôpital et qu’elle s’avança tout doucement vers lui. Elle posa une main sur son épaule, elle le sentit tressaillir très légèrement avant de s’accroupir près de lui afin qu’elle puisse voir son si doux visage. Tout comme ses si magnifiques yeux qui avaient perdu de leur éclat habituel. Sarah Mackenzie hésita quelques secondes avant de prendre la main droite de Harm dans la sienne. Au toucher de sa main le Capitaine Rabb baissa les yeux sur celle-ci avant de relever légèrement la tête afin qu’il puisse se perdre dans son regard noisette pour quelques instants.
— Hey Flyboy… commença-t-elle doucement.
— Hey Ninja-girl.
— Harm… Vous ne voudriez pas m’emmener faire un tour dans les airs ?
— Mac, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée… Ocean… A besoin de moi…
— Harm… Je sais, je sais que vous ne voulez pas rester loin de l’hôpital, loin d’elle. Mais vous ne lui serez d’aucune utilité si vous êtes ici à vous morfondre et à penser que vous êtes responsable, voyons… C’est vrai, je ne connais pas Ocean McNamara aussi bien que vous, je ne lui ai jamais parlé… mais je ne pense pas qu’elle voudrait que vous restiez là à ne rien faire.
— Mac…
— Harm, je vous en prie. Je souffre de vous voir comme ça et de devoir regarder, impuissante. Et puis n’est-ce pas vous qui m’avez dit qu’elle vous avait aidé à surmonter la disparition de Diane ?
— Si, mais… Mac…
— Harm, je ne pense pas qu’elle vous méprisera parce que vous avez fait un tour avec une amie qui ne vous veut que du bien… S’il vous plaît… . Le supplia-t-elle gentiment. Et s’il y a le moindre problème ou changement, vous savez qu’ils vous appelleront sur votre portable.
Harm lui répondit par un sourire et lui tendit la main. Il l’aida à se relever, se leva lui-même. Harm prit son portable et composa le numéro de téléphone de sa mère afin de la prévenir qu’ils ne rentreraient pas directement, Harm lui expliqua également ce qu’ils avaient l’intention de faire. Il avait l’impression de voir Trish sourire à l’autre bout du fil. Sa mère lui demanda juste d’être prudent avant de raccrocher.
17 : 49 GMT
Quelque part dans le ciel de La Jolla,
San Diego – Californie.
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Dès que Harm s’était installé dans l’avion, un autre Stearman – le même modèle que sa « Sarah » à ce petit détail près qu’il était entièrement peint en rouge – il s’était senti immédiatement plus léger comme toujours à chaque fois qu’il montait dans un avion : peut-être que les choses s’arrangeraient après tout, mais il faudrait s’armer de patience et laisser faire le temps. Il n’avait pas le choix, il devait accepter. Il réalisa soudain que Mac avait raison : ce n’est pas parce qu’il partait quelques heures que Ocean lui en voudrait et puis si lui n’allait pas bien dans sa tête, il ne pourrait pas l’aider à se sentir mieux lorsqu’elle aurait besoin de soutien. Elle aurait besoin de lui, il n’y avait aucun doute là-dessus. Harmon Rabb tira le manche à balais qu’il avait dans la main droite vers l’arrière et l’oiseau de métal effectua un piqué vers le haut ensuite Harm fit faire un looping à l’avion. Mac poussa un léger cri de surprise et éclata de rire.
— Et bien matelot, on dirait que vous n’aviez pas tout perdu !
— Non ça c’est une chose que je sais faire même quand je ne vais pas très bien.
— Mais d’après moi vous avez l’air de vous sentir bien mieux. Sourit-elle.
Pas de doute Harm se sentait visiblement mieux. Lorsqu’il était dans les nuages il était libre… rien ni personne ne pourrait jamais changer ça. Quoi qu’il fasse ou pense, quoi que la vie lui réserve, il pouvait être sûr d’une chose : il était pilote, pilote dans sa tête, en plus d’être avocat, mais le plus important de tout était qu’il était et sera toujours pilote dans son cœur et ça, personne ne le lui enlèverait jamais…
Lorsque Harm aida Mac à sortir du PT-17 Stearman, une heure 46 minutes et 16 secondes plus tard, il se sentait bien plus léger que lorsqu’il avait les pieds dedans un peu moins de deux heures plus tôt. Il eut un sourire en pensant que c’était une nouvelle fois Mac qui l’avait aidé. Il remercia mentalement Sarah de l’avoir accompagné car il réalisa que seul il n’aurait pas pu tenir le coup, il se serait probablement déjà effondré, mais maintenant il se sentait plus fort, plus solide !
Ils marchèrent côte à côte pendant quelques minutes et brusquement Harm éclata de rire. Mac se tourna alors vers lui le regardant d’un oeil interrogateur.
— Harm ? Tout va bien ?
— Oui. Répondit-il en riant de plus belle.
— Qu’y a-t-il ?
Harm essaya tout d’abord de se calmer avant de raconter à Mac ce qui le faisait tant rire.
***
17 : 15 GMT
19 décembre 1995,
Ferme de Sarah Rabb
A l’extérieur de Beallsville, Pennsylvanie
Diane Schonke et Harm avaient préparé une petite fête pour l’anniversaire d’Ocean. Harm était sensé occuper Ocean pendant la journée jusqu’en début d’après-midi. Diane elle s’occupait de décorer le living-room de la ferme de la grand-mère de Harm, Sarah Rabb, qui leur avait bien gentiment laissé la demeure. Sarah Rabb, elle, irait passer un peu de temps avec Trish, la mère de Harm. Ceci permettrait aux deux femmes de se voir avant les fêtes de Noël… Harm et Ocean allèrent tous les deux faire une balade discutant de choses et d’autres…ils s’entendaient vraiment bien tous les deux. Ils aimaient être aussi tous les deux comme ça à discuter de tout et de rien. Et lorsque Ocean regardait Harm il avait l’impression qu’elle était capable de lire à travers lui, mais pas seulement ce qu’il y avait à la surface ou que l’on voulait laisser paraître, non Ocean était capable de lire au plus profond de votre cœur et de votre âme. Ocean McNamara adorait la période avant Noël, Noël et tout le reste en fait. Elle aimait marcher dans la neige, être assise au coin du feu sirotant un bon chocolat chaud. Harm le savait bien plus que n’importe qui d’autre. C’est ce genre de petites choses qui faisaient qu’ils étaient si proches tous les deux. Ils n’étaient qu’amis, même si plusieurs personnes n’arrivaient pas à comprendre que qu’il n’y avait rien de plus entre eux… Ils se considéraient tous les deux comme frère et sœur.
Peu avant de pénétrer dans la maison, Harm se plaça derrière Ocean et mit doucement ses mains sur les yeux de la jeune femme, ce qui la surprit…
— Harm qu’est-ce que tu fais ?
— Moi rien ! Répondit-il en riant. Allez avance et ne t’en fais pas, je te guide.
— D’accord, d’accord, je me rends !
Harmon la dirigea doucement vers l’intérieur de la maison. En faisant bien attention qu’elle ne se cogne nulle part. Il la pilota ainsi jusque dans le living-room avant de retirer ses mains de ses yeux. Ensuite un ‘Joyeux Anniversaire !’ se fit entendre et en moins de deux secondes la pièce qui semblait vide au premier abord – à l’exception des décorations qui avaient été placées par Diane – s’était remplie de monde. Tous les amis d’Ocean étaient présents.
— Joyeux anniversaire petite sœur. Dit-il en lui donnant un bisou sur la joue.
— Joyeux anniversaire ma puce…
— Vous êtes les meilleurs tous les deux ! Que ferais-je sans vous ?
— Ben rien… lui répondirent-il en cœur peu avant d’éclater de rire.
Quelques temps plus tard, on éteignit les lumières et l’on amena un énorme gâteau orné de bougies. Ocean était très émue… elle souffla les bougies sans aucun problème. Elle remarqua ensuite que Diane avait oublié un couteau, elle se dirigea vers la cuisine et prit l’ustensile de cuisine dont elle avait besoin et revint vers le gâteau, mais elle glissa sur un peu d’eau qui restait de quand un des invités, qui voulait juste de l’eau, avait eu la main maladroite et avait renversé son verre… Ocean se retrouva la tête la première dans le gâteau, qui était entièrement de chantilly. Tout le monde se mit à rire lorsque elle releva la tête car c’était comme si la jeune femme avait le visage de l’abominable homme des neiges…Bien entendu Ocean n’était pas encline à laisser les choses comme cela sans rien faire. Elle prit un peu de pâtisserie dans sa main et la lança sur Harm. Celui-ci feignit de s’insurger « Hey ! » et il lui répondit en prenant lui aussi de la pâtisserie dans la main et lui envoyant à la figure et il ne fallut pas longtemps pour que cela se transforme en véritable bataille. Il y avait du gâteau partout : le sol, les armoires… mais personne ne s’en faisait réellement, tout ce qui importait était que tout le monde s’amuse et tel était bien le cas : les rires fusaient dans toute la pièce.
Mac éclata de rire elle aussi en imaginant la scène. La pauvre Ocean se retrouvant la tête dans le gâteau, se relevant ensuite le visage couvert de chantilly et ensuite celui de Harm cela avait dû être très hilarant, elle aurait aimé être présente pour voir ce spectacle assez inhabituel et si drôle. Secrètement Mac espérait pouvoir le voir un jour elle aussi. A cette pensée, ses yeux se mirent à briller…
Sarah Mackenzie fut ramenée à la réalité par la sonnerie du portable de Harm. Harm la regarda pendant quelques instants et dans ce regard, Mac put lire les doutes, l’appréhension et la peur qu’il éprouvait de décrocher. Sarah le regarda puis avança sa main vers la poche dans laquelle se trouvait le téléphone de son ami et, alors qu’elle était sur le point de le prendre, il posa sa main droite sur la sienne. Il ne prononça pas un mot, il ne fit que la regarder. Elle fit un petit signe imperceptible de la tête et recula d’un pas.
Harm prit son téléphone en main et le fixa quelques secondes avant de s’apercevoir que celui-ci semblait trembler, puis il réalisa que ce n’était pas son portable qui tremblait, mais bien sa main. Harmon Rabb Junior était pétrifié. Il avait peur de décrocher. Harm avait la certitude, l’intime conviction que c’était l’hôpital qui appelait…
Il fallait qu’il décroche, mais il ne pouvait empêcher sa main de trembler, il ferma les yeux, un millier de pensées traversaient son esprit à cet instant précis.
Je vous en prie ne me dites pas que des complications se sont présentées… Je ne pense pas que je serais capable de l’endurer… Ne me dites pas non plus qu’elle n’a pas survécu car dans cas-là, je pense que c’est moi que vous devrez hospitaliser aux urgences…Seigneur je vous en supplie…
Il se décida à décrocher.
— Capitaine Rabb…
— ….
— Quoi ?
— ….
— Vous en êtes certain ?
— ….
— Merci beaucoup…
Harm raccrocha et ferma tout doucement son portable avant de fermer une nouvelle fois les yeux. Deux traces humides apparurent sur les joues du Capitaine. A cette vue, Mac eut l’impression que son cœur avait cessé de battre et qu’il se brisait en dizaine de milliers de morceaux.
* * * *
A suivre... /To be continued...
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