
 
Chapitre 522 : 48 GMT
Le Capitaine Hamon Rabb était assis sur une chaise à côté du lit sur lequel était allongée Ocean McNamara. Il y avait plusieurs moniteurs dans la chambre. Certains indiquaient sa fréquence cardiaque, d'autres encore sa tension. Elle avait également une intraveineuse dans le bras gauche qui ne contenait qu'une simple solution saline pour empêcher la jeune femme de se déshydrater. Harm posa doucement cette main qui lui semblait si fragile tout à coup dans la sienne. Il la serre légèrement et la porte à sa joue. La vue de Harm se brouille et de nouvelles larmes roulent le long de ses joues.
Ocean, j'ai eu si peur… Que s'est-il passé ? Je pense que tu me raconteras tout un jour lorsque tu seras prête à le faire. Je ne te forcerai pas, tu le feras uniquement quand tu te sentiras assez forte pour cela. Ce qui compte pour le moment, c'est que tu te réveilles et que tu te rétablisses très vite afin que ton si joli sourire illumine à nouveau ce si beau visage qui est le tien. Il y a une personne que je voudrais te présenter aussi. Il est vrai que tu risques peut-être d'être surprise lorsque tu la verras pour la première fois car elle ressemble étrangement à quelqu'un à qui tu tenais énormément… à qui *nous* tenions énormément.
Cette personne, c'est ma meilleure amie dans le travail, mais aussi dans la vie. C'est un peu comme toi et moi si tu vois ce que je veux dire ? A ceci près que je ne la considère pas vraiment comme une sœur. Oui, je sais, je sais, je suis un idiot, sourit-il. Et tu as entièrement raison, bébé ours. oh ! mon Dieu ! Bébé ours, tu te rappelles la première fois que je t'ai appelée comme cela ?
Tu as bien failli me gifler. Nous étions allés tous les quatre : Keeter, toi, Diane et moi au lac Taho. Nous avons fait un petit plongeon dans le lac et ensuite tu étais ressortie. Tu étais rentrée au chalet et, grosse frayeur, tu avais oublié ton sèche-cheveux et tu avais secoué la tête juste avant. Tu avais eu beau peigner tes cheveux, ils revenaient se mettre dans tous les sens, tu as râlé pensant un petit temps et moi cela me faisait rire car tu me faisais penser à un bébé ours qui vient d'aller faire joujou dans l'eau et qui secoue sa fourrure pour se sécher.
Ce n'est qu'un peu plus tard que ce surnom que je t'avais donné ce jour-là est réellement devenu une marque d'affection pour toi et je le sais. Je ne l'oublierai jamais. Ton abruti de petit copain, Stephen Weston… J'aurais préféré ne jamais le rencontrer celui-là…
Comment avait-il seulement osé lever la main sur toi. Tout ça parce que selon lui tu passais un peu trop de temps avec moi et que toujours selon ses dire nous avions une aventure ensemble. Ce type n'était vraiment pas très clair et était un peu trop porté sur la boisson. Heureusement que tu es partie de chez lui au premier coup. Tu as toujours été une battante et tu ne t'es jamais laissée faire et c'est pour cela que je t'admire.
Je me rappelle encore qu'après qu'il t'avait frappée, tu es venue me voir en pleurant. Je t'ai fait entrer et asseoir. Je t'ai prise dans mes bras en te berçant doucement et te laissant pleurer aussi et je t'ai dit tout en te caressant les cheveux : " Chut…Chut…C'est fini… Tout va s'arranger, bébé ours, tu verras, tout va s'arranger. Je te le promets. Je serai toujours là pour toi. Toujours…Tant que je serai là, il ne te fera plus jamais de mal.
Bébé ours, je te promets de revenir te voir très vite, mais je dois m'en aller maintenant, le médecin a déjà enfreint les règles pour que je puisse venir te voir dans cette chambre car normalement personne ne peut entrer à part la famille. J'ai expliqué la situation au docteur Jameson, c'est elle qui s'est occupée de toi. Elle est très gentille tu sais.
Harm se leva et se rapprocha de la tête du lit de la jeune femme, se pencha en avant et déposa un doux baiser sur son front. " Je vais revenir très vite. Repose-toi maintenant, bébé ours. " Le Capitaine Rabb se redressa et sortit de la pièce.
Une fois hors de l'énorme pièce. Il observa Ocean à travers la grande vitre quelques instants encore. Ocean semblait si petite et si fragile dans cette grande pièce. Il avait encore peur pour la vie de la jeune femme, mais pourtant Harm commençait à se sentir un peu plus léger car au fond de son cœur, il savait que même si le chemin était encore long et rempli d'obstacles, elle s'en sortirait. Ocean avait la volonté et la force nécessaire pour cela.
Harm la regarda encore quelques instants avant de sortir dans le couloir. Il fallait qu'il sorte de cet endroit pendant quelques instants avant qu'il ne devienne complètement fou. De plus, il était épuisé. Toutes les émotions qu'il ressentait l'épuisaient. Il sortit de l'hôpital pour prendre une bouffée d'air frais. Il marcha sans but précis, se remémorant les moments heureux passés ensemble.
*****
17 : 14 GMT
Appartement de Harm
Nord de Union Station
Washington, D.C.
Trois ans plus tôt
Cela faisait des semaines que Ocean était morose et Harm avait horreur de voir son amie dans cet état. Il se demandait quoi faire, mais ne trouvait rien. Ocean était là, mais uniquement physiquement, son esprit semblait être à des milliers de kilomètres. Que pouvait-il faire ? Tout avait commencé il y a un mois lorsque Ocean avait ouvert un vieil album de photos.
Les feuilles de l'album étaient remplies de photos, mais pas de n'importe quelles photos, Diane apparaissait sur chacune d'elles. Harm, qui était assis sur le canapé à côté d'elle, vit les yeux de la jeune femme se poser sur une photo, son visage pâlit et elle se mit à pleurer. Harm l'avait alors prise dans ses bras, la berçant tout doucement. Il referma doucement l'album. Se laissant ensuite aller contre le dossier du fauteuil, il l'entraîna avec lui et murmura.
" La vie est dure, bébé ours, cette une bataille de tous les jours, mais tu sais quoi ? Elle en vaut la peine ! Il n'y a aucun doute là-dessus ! D'abord, j'ai pensé qu'elle ne la valait pas parce que je n'arrivais pas à me libérer l'esprit, mais à présent je l'ai fait et je me sens si bien. Je me sens brusquement si léger. Il y a quelques jours, j'étais entouré par les ténèbres moi aussi, rappelle-toi, et à présent tout ce que je vois c'est de la lumière, de la pure et merveilleuse lumière, bébé ours. Peu importe ce qui arrivera, tout ira bien…
Oui, Diane est partie. Mais en réalité elle est toujours là, et elle sera toujours là pour nous, je te le promets, ma puce, car elle est présente dans nos cœurs et le sera toujours. Elle veille sur toi. "
Ocean s'était endormie sur son épaule. Il se dégagea doucement en faisant attention à ne pas la déranger maintenant qu'elle arrivait enfin à dormir un peu. Harm se leva et la prit dans ses bras afin de l'emmener dans sa chambre, il la déposa doucement sur son lit, lui retira ses chaussures et la couvrit ensuite des draps avant de descendre les trois marches qui menaient au salon.
Harm prit un verre de Bourbon et alla s'installer dans le canapé. Il but une gorgée avant de fermer les yeux. Seigneur que puis-je faire pour l'aider. Si seulement Diane était là, c'est elle qui trouverait les mots pour la consoler, seulement elle n'était plus là, de plus c'était elle qui était la cause de la détresse de Ocean.
Il rouvrit les yeux après quelques temps, déposa son verre sur la table et prit l'album que la jeune femme avait feuilleté quelques minutes auparavant. Harm regarda lui aussi les photos et s'arrêta sur l'image qui avait fait pâlir la jeune femme. Examinant la photo, il ne vit tout d'abord rien, mais en y regardant de plus près, il réalisa que ce n'était forcement pas le fait de voir Diane qui la mettait dans cet état, mais bien l'homme debout en arrière-plan. Il s'agissait en effet de Stephen Weston, ce type était une sale petite ordure à qui Harm rêvait de refaire le portait.
Frapper sa petite amie parce que l'on est jaloux au point de se faire de fausses idées… il fallait vraiment être stupide et ne pas avoir une très haute opinion de soi-même. Harm avait l'impression tout à coup que Ocean ne lui avait pas tout raconté - elle lui cachait quelque chose, seulement il n'en avait pas la certitude et il ne pouvait pas la forcer à parler, il ne se serait jamais permis non plus de fouiller dans ses affaires.
****
Harm eut tout à coup une idée, il prit son téléphone portable et composa le numéro du Lieutenant Bud Roberts. Bud décrocha à la seconde sonnerie :
- Lieutenant Roberts.
- Bud ? C'est Harm. J'aurais besoin que vous me rendiez un petit service.
- Allez-y, monsieur.
- Bud, je voudrais que vous ne parliez de ça à personne.
- Très bien, monsieur.
- Voyez ce que vous pouvez trouver sur un certain Stephen Weston. Ce n'est pas un militaire et je sais que vous avez sûrement d'autres chats à fouetter, mais c'est très important.
- Je vais voir ce que je peux faire.
- Merci, Bud, rappelez-moi dès que vous avez du nouveau.
- Bien, monsieur.
Après avoir raccroché, Harm commença à se poser des questions. Il ne pensait réellement pas que le simple fait d'avoir revu Weston pouvait l'affecter à ce point sauf si…non, c'était impossible que ce soit cela. Non, cela ne pouvait être une telle chose. Non ! Elle m'en aurait parlé, même si c'était dur. Elle me raconte toujours tout. Il est même arrivé qu'Ocean se confie à moi plutôt qu'à ses parents. Je vous en prie, dites-moi que je me fais des idées…
*****
23 : 00 GMT
Aux alentours de l'hôpital de La Jolla
San Diego - Californie
En se souvenant de cet événement qui avait eu lieu trois ans auparavant, Harm reprit son téléphone portable et composa le numéro de téléphone de sa mère.
- Maman, c'est moi, pourrais-tu me dire où est Mac ?
- Elle est dans la salle de bain, oh, mais attends, je la vois qui descend l'escalier. Je te la passe.
- Mac ? C'est Harm. Pourriez-vous me rejoindre à l'hôpital s'il vous plaît ?
- Oui, bien entendu, mais que se passe-t-il ? Ocean va bien, n'est-ce pas ?
- Oui, oui, ne vous en faites pas. Je vous attends.
Mac raccrocha, se tourna vers Trish et demanda si elle pouvait emprunter la voiture. Elle lui expliqua que Harm lui avait demandé de le rejoindre à l'hôpital, mais que Ocean allait bien. Trish demanda cependant de la tenir au courant si jamais il y avait le moindre changement. Mac lui fit un sourire. " Ne vous en faites pas. "
Trish se rapprocha de Mac et la prit dans ses bras lui murmurant à l'oreille.
- Merci, Mac. Merci d'être là pour mon fils.
- Il n'y a pas de quoi. C'est normal. Il est là aussi quand j'ai besoin de lui.
Les deux femmes se séparèrent, se regardant dans les yeux quelques instants sans rien dire, avant que Mac ne sorte de la maison en prenant les clés de voiture. Un peu plus tard, elle était derrière le volant et roulait en direction de l'hôpital. Sur le chemin elle se demanda ce qui avait bien pu se produire. La voix de Harm était grave, mais il y avait aussi autre chose qui transparaissait, seulement elle n'arrivait pas à définir ce que cela pouvait être.
Harm lui avait pourtant assuré que Ocean se portait bien alors quel était le problème ? Mac avait un nœud qui commençait à se former dans son estomac. Elle ressentait brusquement une appréhension à se rendre là-bas. Ocean McNamara allait peut-être bien, mais le problème de Harm quel qu'il soit avait sûrement encore un rapport avec elle.
Sarah Mackenzie pensa que cette fille n'avait pas vraiment eu de chance dans la vie. Mais le concept de chance était quelque chose de très relatif, car même si elle avait vécu plusieurs tragédies il était clair que cette jeune femme était une personne forte car bon nombre de personnes - si elles avaient vécu le même genre d'expériences - ne seraient plus de ce monde.
Pourtant, elle était encore là aujourd'hui et aurait bientôt à mener le combat de sa vie, mais Harm serait près d'elle et elle aussi. Mac, elle aussi, avait eu son lot de souffrances dans la vie avec son père qui était un alcoolique, sa mère qui était partie alors qu'elle venait d'avoir quinze ans, fuyant son mari qui avait menacé de la tuer en la découpant en petites rondelles. Depuis ce jour, elle aussi avait commencé à boire pour essayer d'oublier. Tout ce que cela avait réussi à faire, c'était la rendre dépendante de l'alcool et cela avait même manqué la tuer.
Heureusement aujourd'hui tout cela était derrière elle - elle devait toujours rester sur ses gardes, mais elle était stable maintenant et Mac savait qu'elle avait des amis pour l'aider. Sarah Mackenzie était presque arrivée lorsqu'elle aperçue Harm marchant dans une direction opposée à celle de l'hôpital. Elle klaxonna et Harm se retourna.
Surpris, Harm fit un sourire après quelques secondes. Mac fut amusée par l'expression qu'affichait le visage de Harm. " Harm, qu'y a-t-il ? "
- Rien, pourquoi me demandez-vous ça ?
- Pour rien, mais vous faites une drôle de tête.
- C'est juste parce que je suis surpris de vous voir ici si vite.
- Vous sembliez inquiet au téléphone.
- Oui, un peu, je pense avoir découvert pourquoi Ocean a essayé de se suicider il y quelques années…
- Pardon ? et comment… je veux dire, comment l'avez-vous découvert ?
- Tout simplement parque j'ai parlé à Ocean et même si elle ne m'a pas répondu parce qu'elle dormait. L'évoquer m'a fait réfléchir.
Mac regarda Harm étonnée ne comprenant pas vraiment comment il avait pu découvrir quelque chose rien qu'en parlant à Ocean qui se trouvait endormie mais bon, avec Harm, on pouvait s'attendre à tout.
Il monta dans la voiture aux côtés de Mac et lui demanda si elle acceptait d'aller boire un café ou autre chose pour qu'ils puissent discuter. Mac lui sourit doucement et fit un signe affirmatif de la tête, ensuite ils reprirent la route. S'il devait se produire un quelconque problème avec Ocean, Harm savait qu'il en serait aussitôt averti.
23 :59 GMT
Harm et Mac étaient installés à une petite table dans un coin reculé du petit établissement. Sarah Mackenzie observait son ami, il n'avait rien dit depuis qu'ils étaient entrés. Il réfléchissait son regard était grave - pas besoin d'être Albert Einstein pour savoir à qui il pensait.
Elle était inquiète, elle commençait à avoir l'impression que Ocean McNamara était en train de devenir une obsession et elle n'aimait vraiment pas ça, même s'il était proche d'elle, quelque chose n'allait pas. Mac eut brusquement la sensation que Harm ne lui avait pas tout dit. Elle ne le pousserait pas non plus à le lui dire mais, tout de même, ce serait plus facile s'il se confiait à elle encore un tout petit peu plus. Juste un tout petit peu… puis sans qu'elle ne s'y attende, Harm souffla. " Je pense que son petit ami a abusé d'elle… "
A suivre…
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